- 50 !
Non non, ce n'est pas la température qu'il fait en dehors de chez moi (j'habite le Nord-Pas-de-Calais, mais quand même).
En fait, c'est plutôt - 50 € (et j'arrondis les sommes) que vous deviez lire, c'est ce que mon relevé de compte bancaire m'indique en cette fin de mois difficile.
Vous allez sans doute vous dire que les fins de mois sont difficiles pour tout le monde, surtout en cette période.
Mais ce n'est pas le premier solde débiteur que j'ai eu dans le mois, - 122 € aux environs du 15 du mois, par exemple.
Je dois en être à mon troisième ou quatrième "découvert" en deux mois (sûr).
Heureusement que j'avais une petite réserve sur mon compte épargne duquel j'ai fait quelques virements sur mon compte bancaire ces derniers jours.
Seulement voilà, un compte épargne, ce n'est pas inépuisable non plus, et comment
voulez vous épargner sans "soustraire" de l'argent de votre compte bancaire ?
Ca c'est la fameuse histoire du serpent…
Donc, je ne peux vraiment plus "tirer sur la corde" de mon épargne si je veux me sortir de cette situation, un beau jour, peut-être.
Et maintenant, vous allez certainement vous demander comment cela se peut-il dans un pays aussi "riche" que la France, que des personnes puissent en venir à "quémander" un peu d'argent ?
Eh bien je dois l'avouer, tout est de ma faute (attention, c'est de l'humour).
Je ne suis qu'un :
PAUVRE HANDICAPE.
Tiens, pour une fois le mot "pauvre" devant handicapé ne me choque pas trop, mais ça c'est une autre histoire.
Croyez vous que les personnes handicapés soient si "choyées" que ça, en France ?
A combien fixez vous le seuil de pauvreté aujourd'hui, en France ?
Moi je dirais dans les 888 € par mois, voire même à la limite des 900 € maintenant.
Personnellement, je ne touche par mois, qu'une AAH (Allocation Adulte Handicapé) de 624.90 € par mois, plus un petit supplément de 100 €.
Ces 100 € de plus sont ce que l'on appelle un "complément d'AAH" (laissez-moi rire…) pour nous "aider à payer notre loyer" et que l'on ne touche qu'à la condition de vivre seul chez soi et de
toucher une AAH "complète" (très logique n'est-ce pas ?).
Franchement, ce n'est pas énorme, puisque quasiment toute cette somme, le
complément d'AAH de 100 €, passe dans le paiement de mon loyer, en ce qui me
concerne en tout cas.
Et heureusement que j'ai droit à l'APL, sinon je ne vois pas comment je pourrais payer mon ravitaillement, mon carburant et "le reste" (tout ce qui augmente le plus, comme dit ma pharmacienne),
avec un loyer qui dépasse les 320 € par mois, charges comprises (heureusement).
Donc en gros, c'est bien avec 625 € par mois que je "vis", quand même.
Au passage, j'ai mis le doigt sur une autre "discrimination", la personne handicapée n'a pas le droit de vivre en couple puisqu'elle perdrait, non seulement son complément d'AAH, mais aussi
TOUTE son AAH (aberrant non ?).
Si quelqu'un en connait la raison, qu'il m'explique…
Moi c'est-ce que j'appelle obliger la personne handicapée à "vivre au crochet" de
quelqu'un (parents au début puis conjoint par la suite).
Autre chose, à ceux qui me diront que le seul moyen de "gagner plus" est de "travailler plus", je répondrais que moi, je veux bien travailler, mais je pense qu'aucune entreprise ne recherche
réellement un travailleur handicapé, malgré les soit disant 6% d'embauche de personnes handicapées soit disant obligatoires par entreprise.
Cela nuirait sans doute trop à leur "image de marque"…?
Personnellement, j'aurais bien une petite solution à ce problème.
Toute "grande entreprise" contactée par une personne handicapée pour une demande d'embauche et qui refuserait cette embauche, devrait payer un "salaire" équivalent à l'emploi proposé par
l'entreprise, à la personne handicapée chaque mois et sans aucune limite de temps bien-sûr.
On pourrait appeler ça un "emploi externe", (non je n'ai pas dit fictif), dans la limite d'une seule grande entreprise par personne handicapée bien-sûr, il ne faudrait pas non plus rendre les personnes handicapées "folles" en leur faisant gagner trop d'argent d'un coup (rire…).
Tout ceci sans aucune aide, pour l'entreprise, de la part des organismes qui sont, soit disant là pour aider à l'embauche des personnes handicapées.
Le but n'étant pas non plus d'enrichir les entreprises "sur le dos" des handicapés.
En parlant de ces "organismes" d'aide à l'embauche des handicapés (Cap Emploi, quel joli nom), je voudrais, ne pas les remercier, pour m'avoir fait inscrire en tant que travailleur
handicapé à l'ANPE.
Grace à cette "petite annotation" (sur mon CV par exemple), j'ai l'impression qu'aucune entreprise ne garde bien longtemps ma candidature sur "le haut de la pile".
Et puis n'est-ce pas là une autre forme de "discrimination" d'avoir recours à des
organismes spécialisés dans l'embauche des personnes handicapées ?
Belle mentalité.
Mentalité qui ne me semble vraiment pas évoluer, malgré ce que peuvent penser
certains de mes amis, handicapés ou non, un peu trop crédules peut-être.
Mais bon, pour en revenir au sujet principal de ce courrier, le manque de ressources financières des personnes handicapées, je suis sûr que depuis que j'ai commencé cette "lettre", mon compte
bancaire a évolué et certainement pas dans le bon sens.
Je vais finir par avoir l'impression que mon allocation, ne me servira bientôt plus qu'à rembourser le solde débiteur du mois d'avant.
Pas très rassurant tout ça…
Bref, tout cela m'inquiète vraiment.
Mais que faut-il pour que les "différents organismes" (je veux parler de l'état, des
associations, voire des handicapés eux-mêmes) se préoccupent vraiment de la détresse financière des personnes handicapées en France ?
Faut-il une nouvelle grève de la faim, ou une nouvelle "grève de traitement" de la part d'une personne handicapée pour que les choses bougent…?
Je serais peut-être le suivant si ce courrier n'aboutit à rien, qui sait ?
Pour en finir avec ce courrier, je voudrais vous demander pardon si mes "pensées" y sont peut-être un peu confuses parfois, mais il s'agit d'un courrier rédigé "dans
l'urgence".
L'urgence d'agir FINANCIEREMENT pour tous mes "amis de galère", et pour moi aussi, bien-sûr (rire…).
Et en plus, je n'ai pas vraiment l'habitude de "râler", comme la plupart de mes "collègues handicapés" sans doute, pour en être arrivé là (grèves de traitement et autre…).
C'est une activité bien française ça pourtant, de râler.
Peut-être que les handicapés eux-mêmes ne se considèrent plus comme des français…?
Liberté, Egalité, Fraternité, ça dit encore quelque chose à quelqu'un ?
Au fait, faut-il remercier quelqu'un pour les 1% d'augmentation de notre AAH (Allocation Adulte Handicapé) en ce début d'année…?
De qui se moque-t-on ?
Et encore, j'en parle sans en avoir "vu la couleur" puisque j'ai écrit ce courrier fin janvier 2008 et que bien-sûr, cette augmentation ne sera "effective" que le mois prochain.
A bientôt, peut-être.
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